DECLARATION
Le constat de la situation de notre pays est fait par tous : ( marasme économique, licenciements, chômage, pollution, malaise social, balance commerciale excessivement déficitaire, assistanat, délinquance, drogue, violence, crise morale, mal-être, crise identitaire..). Nul ne peut le contester .
Face à cela la majorité des élus et des organisations politiques font preuve d'un manque de responsabilité et de lucidité, ils s'enfoncent davantage dans une stratégie de logique franco européenne : « la France et l'Europe vont nous donner ce dont nous avons besoin », alors que tous les éléments montrent les limites du capitalisme ultralibéral appliqué dans notre pays à la sauce colonialodépartementale. Certains se sont couchés face contre terre dans le sillon de l'assimilationisme, et se vautrent dans les méandres de la politique coloniale française. Pour d'autres, l'idée majeure est celle d'un consensus au ventre mou autour d'hypothèses de résultats d'élections en France ou en martinique.
Au terme d'une manipulation avec le vote travesti du 7 décembre 2003, ils prônent le maintien du système actuel au nom d'une prétendue démocratie. Quelle démocratie peu exister en pays colonisé quand le fondement premier de la démocratie est bafoué puisque le peuple martiniquais n'est pas reconnu et que les citoyens martiniquais ne sont pas reconnus en ce qu'ils sont. Parfois devant la paralysie liée aux institutions, osent–ils demander au gouvernement colonial d'assouplir le carcan.
Ainsi l'absence de vision politique ne leur permet pas de s'inscrire dans un projet de construction d'une Martinique responsable ; ils se contentent de ne rien faire pour changer les choses et attendent tout d'ailleurs.
Ce comportement irresponsable est en partie la cause de l'aggravation de la situation, ils laissent des pans entiers de notre société victimes de la précarité, de la délinquance, et ne prend nullement en compte les caractéristiques propres de notre peuple, de notre nation.
Actuellement il n'y a pas de véritable débat idéologique et politique, les propos répandus tournent autour de versatilités ou de retournement de celui ci ou celui là, et là aussi les Martiniquais ne doivent pas se laisser prendre au piège des beaux discours ou de nouveaux partis qui ne génèrent que de faux espoirs.
Pour certains la lutte nationale se limite au combat identitaire, linguistique ou culturel, un telle démarche est erronée et sans lendemain puisque le colonialiste demeure maître absolu. Il change ce que bon lui semble, quand bon lui semble.
La seule démarche qui peut être fructueuse est celle de la rupture avec le système colonial, de la mainmise de la métropole sur notre peuple, car c'est une démarche d'ouverture de dynamisme, de vitalité.
Le peuple Martiniquais, communauté formée au cours des siècles de colonisation française, a les mêmes droits que tous les autres peuples du monde.
Notre peuple, âme essentielle de notre nation, doit détenir le pouvoir total de décider de son destin et exercer pleinement sa souveraineté en toute indépendance.
Malgré les initiatives de résistance menées, sous diverses formes, par des gens d'horizons divers, la réalité est que usant de toutes sortes de moyens et subterfuges le pouvoir colonial a réussie à maintenir sa domination coloniale et à contenir le mouvement ouvrier de manière globale. Il en résulte un affaiblissement des actions tant sur le plan des luttes revendicatives que sur celui de la lutte de libération nationale.
Aujourd'hui il est nécessaire que se développe un mouvement populaire national pour exiger que tous les droits du peuple martiniquais soient respectés.
Ce mouvement doit centrer son action sur le développement des luttes dans les différents domaines mais surtout doit être porteur de la revendication essentielle de la constitution d'un Etat martiniquais, outil indispensable pour mettre en œuvre un projet politique, conforme aux intérêts de la nation martiniquaise, aux aspirations et besoins des couches populaires, principales victimes de la politique appliquée par le gouvernement français.
Ce projet de société démocratique doit mettre au centre l'homme martiniquais, ouvrir la voie à un développement autocentré harmonieux, utilisant toutes les potentialités humaines et naturelles en respectant les équilibres écologiques, et permettre l'épanouissement individuel et collectif.
Le PKLS appelle les Martiniquais à exiger du pouvoir colonial français la reconnaissance du peuple Martiniquais ainsi que ses droits sur sa terre, la Martinique, par l'exercice effectif du droit à l'autodétermination et le respect des dispositions de la Déclaration universelle des droits de l'homme, comme le droit à la résistance à l'oppression et à la Déclaration des droits des peuples sur l'octroi de l'indépendance aux pays et aux peuples coloniaux.
Notre salut, l'avenir de nos enfants, sont de notre responsabilité, nous n'avons pas le droit de fuir notre devoir. Les jeunes, les femmes, souvent premières victimes, doivent prendre toute leur place dans ce combat pour l'institution d'un Etat Martiniquais démocratique et populaire.
Notre mobilisation politique pour occuper tous les espaces de notre territoire, notre engagement personnel pour combattre le colonialisme sous toutes ses formes peut nous permettre de sauver la Martinique.
Relevons le défi !
Woulo ba lendépandans !
Ki yo lé ki yo pa lé, ansanm ansanm nou ké pran yo !
Fort de France le 12 Avril 2006