L’émigration est un phénomène
important dans la société martiniquaise. Un
Martiniquais sur trois vit en France. C’est le résultat
d’une politique délibérée du pouvoir colonial.
Au lendemain des émeutes de Décembre 1959, le pouvoir colonial
décide de vider notre pays d’une partie de ses forces vives afin
de diminuer les risques d’explosion sociale et en même temps d’offrir
au marché français une main d’oeuvre immigrée à
bon marché, ayant la nationalité française, utile notamment
pour les administrations.
Il organise ainsi l’expatriation de milliers de Martiniquais et de Martiniquaises
:
· Par le bias du service militaire, la quasi totalité des jeunes
Martiniquais sont envoyés à l’extérieur. Dans le
même temps, augmente le nombre de Français qui font leur service
militaire en Martinique.
· Par le financement d’un organisme, le BUMIDON qui délivre
gratuitement aux jeunes des billets pour la France.
Ce sont ainsi jusqu’à 10 000 Martiniquais et Martiniquaises par
an qui sont envoyés en France. C’est une véritable saignée
que subit notre patrie. Ceci a de graves incidences sur l’évolution
de notre peuple, de notre pays car, dans le même temps est menée
une politique de limitation des naissances.
Ainsi, le Gouvernement français diminuait le nombre de chômeurs,
ralentissait la progression démographique, provoquait un vieillissement
de la population. Il diminuait le volume des besoins à assurer dans
le pays en équipement divers (logements, crèches, écoles,
formation professionnelles, installations sportives et culturelles etc...)
Ce phénomène d’émigration massive a eu des incidences
profondes et permis au colonialisme d’influer d’avantage sur la
conscience des Martiniquais. Ainsi, il a modifié sensiblement le comportement
sociologique, culturel, politique d’une grande part de notre peuple
qui s’est trouvée directement ou indirectement plus liée
à la métropole coloniale.
Le mythe de la France “ mère patrie ” était renforcée,
valorisé par un appareil de propagande renforcé..
Presque chaque famille bien que déchirée par la séparation
avec l’un des siens plaçait tous ses espoirs dans cette France
acueillante. Elle devait être reconnaissante envers la France qui permettra
à celui qu’elle accueille de réussir et d’envoyer
un peu d’argent au pays.
Ainsi, s’est développé un processus qui a été
baptisé, génocide par substitution car pendant que nos frères
et soeurs sont exilés en France, un nombre toujours plus important
de Français viennent s’installer en Martinique. Pour les Martiniquais
émigrés ce sont les affres de la dure situation, du déracinement,
de l’inadaptation, du racisme, du chômage, du manque de logement
et des descrimnations de toutes sortes...
Pour les Français venant en Martinique, c’est le “ paradis
” avec maintes privilèges, emplois assurés, notamment
à des postes d’encadrement, avec primes diverses, facilités
d’installation de toutes sortes, logements, financement nécessaire,
vie de rêve sur les plages...
Actuellement, une faction d’entre ces Français revendiquent des
droits sur notre pays.
Aujourd’hui, la communauté Martiniquaise vivant en France, presque
200 000, constitue une entité sociale défavorisée avec
d’énormes difficultés. Le retour au pays est une préoccupation
constante mais elle est vécue par une grande majorité, avec
angoisse car sans perspective. Le taux de chômage y est beaucoup plus
important que le taux général de la France.
La délinqquance y est très forte. Le nombre de ceux qui séjournent
en hôpital psychiatrique atteint un pourcentage élevé.
Si la communauté Martiniquaise en France lutte pour l’amélioration
de ses conditions de vie, elle constitue une fraction authentique du Peuple
Martiniquaiss et à ce titre aspire à la démocratie, à
la liberté, à la dignité. Elle s’organise pour
contribuer à la lutte de libération de notre patrie.