Les Vrais Israël
Mondher Sfar, Paris, Oct. 2000
Les Palestiniens vivent à nouveau les affres de la guerre, d'une guerre coloniale avec ses crimes les plus horribles et les plus révoltants. Ce qui vient de se produire en Palestine n'est qu'un épisode de plus de la longue série d'épreuves et de sang qui n'a cessé d'arroser le sol de Palestine depuis des dizaines d'années avant la création de l'État colonial d'Israël. Israël n'a aucune autre justification que militaire et de domination régionale. Les Sionistes ont vainement cherché à justifier cette colonisation par le statut particulier des juifs dans le monde et leur soi-disant persécution dans le monde, ou même par leur nostalgie des temps bibliques. Ce sont là des prétextes fallacieux et trompeurs. Ces arguments ne sauraient prouver la bonne foi de ces colonisateurs, car les Arabes n'ont jamais refusé l'accueil des juifs quand ils ont été persécutés, notamment en Europe au XV° siècle. Mais entre venir s'installer en terre arabe de façon pacifique, c'est une chose, et venir s'y installer par les armes, en assassinant ses habitants, les déportant, et en y substituant une entité étatique pour mieux effacer le souvenir de ce peuple, c'en est une autre, et cette chose s'appelle un crime contre l'humanité punissable par des juridictions internationales appropriées. Cessons de dénoncer la normalisation avec Israël sans demander la fin de la colonisation de toute la terre de la Palestine. Cessons de nous plaindre auprès de l'Amérique, de l'Europe, comme si elles étaient des parties neutres vis-à-vis d'Israël. Bien au contraire, cessons de nous en prendre à cette entité leurre qu'est Israël comme si elle avait une existence indépendante et autonome. Désignons comme vrais coupables les grandes puissances impérialistes qui l'ont créé de toutes pièces en novembre 1947, qui l'arment, la financent et la soutiennent. Car toute aide, tout armement fourni à Israël est un acte d'hostilité contre les Palestiniens, contre les Arabes qui en subissent les conséquences, et contre l'humanité qui par son silence se rend complice du crime. Occupons nous de ceux qui arment le bras du criminel, et moins des exécutants. Ce sont eux les vrais Israël qui nous assassinent, qui nous oppriment et qui nous terrorisent sous couvert d'un leurre qu'ils ont installé en terre de Palestine. Demandons à nos politiciens Américains et Européens des comptes sur les armes qu'ils ont déversées et qu'ils continuent de déverser en terre de Palestine en notre nom pour mieux asservir les Arabes, les Musulmans et en fin de compte l'humanité entière. Tous les crimes et toutes les agressions « israéliennes » ne sont avant tout que le fait des impérialistes qui agissent derrière les rideaux israéliens. Ce sont ces impérialistes qui sont les véritables criminels. Dénonçons-les en tant qu'agresseurs contre l'humanité et en notre nom ! Démasquons-les ! Dénonçons ceux qui ont voté la résolution des Nations Unies de 29 novembre 1947 sur le soit-disant ‚partage' de la Palestine : les Etats-Unis et l'Etat français en tête. Ce sont eux qui se cachent derrière l'entité criminelle en Palestine. Tout crime commis en Israël est un crime commis par les Etats-Unis et la France et tous ceux qui soutiennent l'Etat-leurre. Exigeons des représentants des grandes puissances qu'ils cessent toute aide et tout financement aux agresseurs et persécuteurs ‚israéliens', et déclarons-les les VRAIS AGRESSEURS. Dénonçons leurs liens avec les bourreaux, mercenaires à leur solde. Demandons le démantèlement des armes atomiques, chimiques et bactériologiques que l'Occident a installées sur la terre de Palestine pour terroriser l'humanité entière. Organisons une résistance commune contre ces Etats colonisateurs, jusqu'à l'évacuation totale des troupes étrangères de la terre de Palestine et la libération des peuples arabes d'une oppression qui dure depuis 1948. La libération de la Palestine et du monde arabe des hordes barbares impérialistes est aussi la libération de tous les peuples de la terre de leurs oppresseurs !
Paris, le 8 octobre 2000 (texte modifié en juillet 2006)