Suite à notre article "LUTTE DE MASSE ET IMPASSE JURIDIQUE" (Patriyôt n°30) nous avons reçu la réaction de l'ASSAUPAMAR (LE PKLS)
REPONSE AU JOURNAL PATRIYOT
J'ai lu avec beaucoup d'intérêt l'édition de novembre 2007 (n°30) de votre revue PATRIYOT et plus particulièrement l'article sur « préservation de notre environnement : lutte de masse et impasse juridique ».
Vous reprochez à l'ASSAUPAMAR d'avoir commis l'erreur « de ne plus mener le combat au niveau des masses et d'enfermer le mouvement de protestation dans ce qui allait se révéler une impasse, le combat sur le plan juridique ». Vous parler même de « crétinisme » légaliste.
C'est un peu fort, mais nous accueillons comme telle « cette critique fraternelle ».
Sa vwé, si an frè-w wè ou ka fè bétiz i ni dwa diw sa !
On peut regretter en effet les grandes mobilisations de l'ASSAUPAMAR et ses luttes héroïques des années 1980, au lendemain de sa création. On peut craindre également que la mise en place au début des années 1990 d'une commission juridique structurée et apte à mener efficacement le combat écologique sur le plan juridique et judiciaire, ait pu faire perdre à l'association une part de sa combativité sur le terrain. Nous en sommes conscients. De nombreux camarades nous ont d'ailleurs alertés sur ce risque. Aussi dès 1993, après avoir rappelé les succès obtenus sur le plan judiciaire, nous interpellions nos militants : « Nous devons nous rappeler que le combat se gagne d'abord sur le terrain, le terrain de la mobilisation. C'est vrai autant au Robert qu'à Schoelcher, au Marin ou au François ». Cf notre revue KOUBARI N° 21 p.5.
Certes, nous avons continué à mobiliser nos militants sur la protection des ilets au François, sur l'accès au littoral au Robert, pour éviter l'expulsion des marins pêcheurs au Vauclin (kay Frè Frè)… Plus récemment, nos mobilisations sur d'autres affaires ont connu un certain succès :
Mais nous ne pouvons nous en satisfaire; cependant nous devons être modestes et reconnaître que la mobilisation sur le terrain est beaucoup plus difficile aujourd'hui. Les organisations syndicales et politiques en font l'amère expérience quotidiennement. De plus, les organisations écologistes n'ont guère jamais su mobiliser massivement sur le terrain. Il faut dire que leurs combats s'inscrivent pour la plupart sur le long terme dans un monde où l'efficacité se mesure le plus souvent à court terme.
Toutefois, même si c'est difficile, même si nous n'atteignons pas toujours le niveau de mobilisation souhaité, nous n'avons jamais abandonné la lutte sur le terrain.
C'est notre raison d'être, et c'est d'ailleurs ce qui nous distingue des autres associations écologistes martiniquaises. Dès lors, la mobilisation sur le terrain devient un axe stratégique de l'action écologique de l'ASSAUPAMAR. Nous vous renvoyons à cet égard à la 3 e partie de la production de Pascal TOURBILLON sur « le droit de l'environnement, les élus martiniquais et l'ASSAUPAMAR », cf chapitre intitulé « la nécessaire mobilisation sur le terrain ».
(Nous tenons à votre disposition le document en question.)